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tenue à la nuque
sous la haie tout le jour
accroupie la nuit dont le soir
on secoue la longue peau noire
humide aux coutures et crevée d’épines
c’est de ça que nous dormons
vêtus
ça dont nous tétons le drap chaud

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Homme campé sur la cime

étroite des raisons

tu entends îlot pensif

bruire la chair

tendre par dessus l’os

innervée souple sanglante

ourdisseuse de mort lente

lustrant d’une paume humide

Faiseur d’étoiles

ton galet sous le ciel dur

Istanbul ! Gros bonbon mental où explosent ensemble, dans la tête comme sous la langue, dans un entremêlement savant et savoureux, le feuilleté très ancien des rêveries occidentales successives et sa belle, plantureuse, solide et complexe réalité. Les sens et l’intellect comblés, on en revient ivre. Une part de soi conquise à jamais.

Au bout d’un long déroulé de plaines pierreuses égratignées par quelques charrues et dents de ruminants, les ruines de Ani, capitale de l’Arménie en l’an mil, dont ne subsistent que quelques morceaux debout, et à terre, un grand sol jonché de pierres où persistent quelques traces d’un travail humain : une régularité, un alignement, l’adouci d’un dénivelé. C’est beau et désolé. Les ruines de Ani et la Turquie terminent ensemble sur un ravin dont les ponts disparus figurent la rupture d’avec l’Arménie, de l’autre côté, terre déserte et muette, blessure de l’amitié perdue.