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Galets

Ville : centaure aux cents bustes
les hommes-goudron brandissent
leurs oracles de carton

TOUTES LES FAIMS

féroce – et la dissolution brune
des chairs espérantes
marée acide fumant à ras des tours

 

 

 

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Dans le mur écaillé craqueleux
des peaux que la voix fend
brûle un air intime
plus intime qu’intime
Un chant qui vit dans l’instant où il se tait
Dont l’éclat pur aperçu troue à jamais l’âme
d’un long puits nocturne où tremble
un ventre
argenté, humble et rond
mortel et nu, doux
caressant comme un galet

 

 

 

 

Roulée à terre ivre celle qui geint, que cries-tu
sang aux yeux salive aux dents que cries-tu

Que je serre
plus fort
ta main qui m’agrippe

que nous basculions toutes deux
et le monde à notre suite

 

 

https://edithmasson.files.wordpress.com/2012/02/oiseaux_matin_011.mp3%20

 

 

Aussi vite et où que nous courions nous ne fuirons pas
le néant qui s’ouvre à nos talons
Nous n’enduirons pas
son écran froid de nos regards cinéastes :
terres échevelées ciels épinglés d’oiseaux
torrents blancs…

Nous étreindrons le jour vif
le jour nu
et sa pâte querelleuse d’argile humide où le bras expire et sème
la moisissure éternelle de l’aube