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exodes

Pieds arrimés aux sangs abrupts
et mû par ce vieux rêve lancinant
figurer au devant
les eaux dressées aux écumes fondant
au ciel secouer comme un paillasson
usé l’horizon secouer
l’oiseau mort


sauvage que nul ne touche

qu’il revive

 

 

 

   Je flotterais
    léger futile désamarré
    bulle
    à souffle lourd dans sa peau d’eau
    et je rirais distendue
    aux cieux de savon voguant nue
    aux pointes ferreuses des maisons

 

 

 

Soleil grand cautère des bouches
d’eaux
où les taupes venues trembler des lèvres terreuses
(interrompant un instant le lent fouissement des rumeurs mémorielles)
écoutent s’évanouir les auréoles de pétrole et retentir
entre sol et parasol
collée de voiles multiples
longtemps
la belle scansion du pas qui s’arrache et fend l’air tremblant