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Archives Mensuelles: janvier 2012

 

 

 

Glissé des cieux mytheux des commedias
tristes jeté
cul par dessus tête sur le trottoir je palpais
le grain rugueux des goudrons ras je humais
les parfums
hydrocarbure et caoutchouc
l’œil à ras des semelles rivé
au banc des grues
crieuses de printemps dans le ciel cranté

 

 

 

Je tiens ce jour debout
mes racines pressées
un pouce par dessus terre mille au dessous
des radicelles et du rond tubercule

Le vent est aux cloportes
parleurs
Ombre portée rongeuse de corps humide
Marée d’heures, vives sous la cendre

Entends-les mon cœur qui crépitent
Mon cœur nœud d’aortes
Entends cogner aux cieux
vibratiles
ce chant des nuits qu’on décapsule

 

 

Le talon colle où le sang sacre
mâchant de longs mots rongés dans une rage patiente
dans les trous broussailleux les lits fossiles les fossés creux

mordeur d’asphalte au noir d’oiseau et de pilastres lustrés comme des endives

fumant acre dans l’écartement du jour et de la nuit où l’homme rendu à lui-même cherche

l’oubli seul

seul l’oubli

et d’improbables pardons

 

 

 

     

 

 

Nous courions toi et moi
par dessus les crevasses où bouillaient les déluges
les astres roulaient en grondant dans les sillons fumants
Nous courions oiseaux rampant taupes éblouies
l’eau miroite les ciels bourbeux
A l’horizon crevé où la pâte enfle et s’effile
des routes et des allées des canaux des jetées
d’écume et de sable foulé

les lignes pures purulent

Nous courions pieds d’argile
Vers les plaines de bitume où fourmillent les futaies

Un chant pendu basculait à nos lèvres de sel

Par quel bout commencer pour une autopublication d’écrits de taille, de forme, de qualité diverses ? Que publier ? Pourquoi le faire ? Vers qui ? Jusqu’où ?
De quel droit ?

Je commence par un titre, piCtures, à lire piktür.

Je commence par l’impuissance dans laquelle je suis de peindre ce que je vois.

Et la nécessité de commencer un petit pied hors de ma langue. Un salutaire tout petit pied.